La Terre en 2516

En 2516, la Terre n’est plus la seule planète de la galaxie habitée par l’Humain, car depuis 2100 environ, les puissances économiques et industrielles mondiales ont enfin été capables d’envoyer des missions habitées aux confins du système solaire, puis – progressivement – au-delà.

Ainsi la Terre, en 2250, était devenue l’arrière base d’un empire interstellaire qui avait installé des colonies sur plus d’une dizaine de mondes, connus pour certains (la Lune, Vénus) et inconnus pour d’autres (Laglonde 4, Anëtasör). De nombreuses colonies minières furent installées dans des champs d’astéroïdes et même sur des comètes pour en extraire des métaux nouveaux et précieux.

Ainsi, l’Humanité s’est exportée, et elle a même fait la rencontre d’espèces extraterrestres comme les Laglondes, humanoïdes végétariens de haute taille, réputés pour leur calme et leur ouverture d’esprit.

Le berceau de l’Humanité dans l’univers s’est progressivement vidé de ses élites, au prix d’une troisième guerre mondiale destructrice mais qui n’aura pas fait de dégâts sur Terre, celle-ci ayant eu lieu uniquement dans l’espace, en dehors de la zone de protection terrestre.

En 2304, des ascenseurs orbitaux géants furent construits à Tökiö, Na Yörk, Päris et Tümbuctü. Ceux-ci permirent de relier directement le sol terrestre aux stations orbitales, permettant les départs vers les colonies.

La Terre, elle, est restée la rampe de lancement vers l’exploration spatiale et, surtout, le garde-manger de l’Humanité dans les colonies. Les techniques de cultures extra-terrestres ont bien sûr été extrêmement développées, mais pas suffisamment pour subvenir aux besoins des expatriés. On a donc profité de retransformer certaines zones urbaines en zones de cultures, tandis que de gigantesques robots et les Humains les plus pauvres trimaient dans des champs où l’on produisait légumes, céréales et viande génétiquement modifiés.

A ainsi se voir exploitée et pompée de ses ressources, la nature s’est progressivement rebellée contre ces tortures. Tremblements de terre, ouragans, hivers de plus en plus longs et rigoureux, la Terre est entrée dans une nouvelle période glaciaire sans écosystème capable de compenser la fonte des banquises et des glaciers. De nombreuses terres autrefois riches et habitées sont désormais immergées et certaines ne sont plus que légendes, à l'instar du continent sud-américain, englouties, comme le fût l’Atlantide jadis.

Ainsi naquit l’Aube Rouge, groupement écologiste radical prêt à tout pour la sauvegarde de la planète. Grâce à une charge nucléaire envoyée contre le soleil dans le plus grand secret, elle est parvenue à convaincre l’Humanité du danger de destruction qui la menaçait. L’Aube Rouge vint au pouvoir, imposant au monde sa vision totalitaire en privant les colonies de leur garde manger : la planète étant désormais entourée d'un massif champs de débris radioactif.

Depuis un siècle et demi, l’Aube Rouge règne sur le monde, contrôle la religion, l’économie, l’armée et la technologie. L’Humanité est peu à peu retombée dans l’ignorance et vit de plus en plus simplement dans un paysage de ruines et d’une nature à nouveau dominante. De nouvelles créatures peu amènes on fait leur apparition, et certaines espèces disparues depuis des siècles semblent émerger à nouveau de fondements de la planète.

La capitale mondiale, Päris, est la seule cité d’importance subsistante avec ses plusieurs millions d’habitants. Le reste de l’Humanité s’est rassemblé en villages et petites villes, redécouvrant l’auto-suffisance et le travail de la terre. La capitale, toutefois, s'est au fur et à mesure du temps transformée en véritable forteresse n'abritant plus que les principaux services de l'état et une population ouvrière nombreuse travaillant dans les usines technologiques.