*

Solitude.

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Re : [RP à 4 Mains] Dans les bas fonds du Mëtro...
« Réponse #15 le: 16 janvier 2017 à 14:26:23 »
Elle ne semblait pas au plus mal, malgré la quantité de sang assez impressionnante qu'elle avait perdu. Loin d'y avoir fait attention, quelques minuscules hématomes à l'intérieur de son poignet droit lui mirent alors la puce à l'oreille. Sans savoir ce qu'elle avait pu s'injecter, cela avait contribué à ce que l'opération se passe sans tracas. Sa méfiance, même à demi-embrumée, était vive. Mais la morphine rendait Seconde encore plus directe, au point de lui avouer le pourquoi de cette attitude méfiante.

Soit.

Elle pouvait passer outre. Dans la situation inverse, elle aurait surement réagi de la sorte, aussi. Le sous-lieutenant semblait mettre plus de temps à assimiler les mots, intégrer les phrases et formuler une réponse. A bien y penser, continuer de parler tenait déjà de la prouesse physique. Sa question la prit de court, par ailleurs. Elle ne put marmonner qu'un vague:
<< Oui, j'essaye ... >> bien loin de la vérité. Les premiers signes de faiblesse vinrent lorsqu'elle tenta de se redresser. Ses jambes devaient être en coton, à ce moment, pourtant elle voulait se relever. Pas vraiment ce que Solitude aurait préconisé, mais mieux valait éviter de la contrarier et essayer de l'accompagner du mieux possible. Il n'aurait plus manqué qu'elle ne fasse se rompre les sutures en voulant se relever seule.

Elle fourra la nourriture que Seconde lui avait offerte dans une de ses larges poches. La fugitive n'avait pas faim, pour l'heure. Mais lui tendre simplement le bras pour qu'elle prenne appui ne lui sembla pas être la solution adaptée à la situation. Sans un mot, elle s'accroupit donc, le dos contre le mur où reposait Seconde Zone, entreprit de passer le bras droit de celle-ci autour de son cou. Puis son bras gauche courut dans le dos de l'opérée pour finalement venir se loger fermement sous son bras gauche en guise de soutien. C'est dans cette position un peu bizarre qu'elle fixa sa patiente, lui faisant comprendre que c'était maintenant qu'il allait falloir faire l'effort.


" Je compte jusqu'à 3. Poussez sur les jambes, je m'occupe du reste. 1... 2... 3... "


Elle impulsa avec ce qui lui restait de force dans ses propres jambes, et réussit tant bien que mal à remettre la sous-lieutenant debout. Légèrement chancelante, mais il ne s'agissait maintenant plus que d'une question de temps, avant qu'elle ne recouvre ses sens.
Entrez, mes souvenirs, ouvrez ma solitude !
Le monde m'a troublée ; elle aussi me fait peur.
Que d'orages encore et que d'inquiétude
Avant que son silence assoupisse mon coeur !


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*

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Re : [RP à 4 Mains] Dans les bas fonds du Mëtro...
« Réponse #16 le: 20 janvier 2017 à 15:49:59 »
*Le blizzard se calme enfin dans les rues de Päris, et tandis que le brouillard se dissipe tel un voile de soie, il découvre une épaisse couche de neige blanche immaculée, comme si les salissures de la pollution avaient été emportée par le vent et la tempête.

La neige recouvre tout, gravats, corps sans vie, déchets... L'espace d'un moment hors du temps, le monde est silencieux. La neige absorbe les sons comme elle absorbe le sang et, tandis que le crépuscule étant son ombre sur la Terre, Nävis observe le coucher de soleil se refléter sur le manteau blanc qui couvre la ville de son nappage glacé.

Ce monde recèle encore quelques splendeurs rarissimes et étonnantes car l'hiver est rarement accompagné de neige. Et plus rarement encore de neige pure.

Le froid est pénétrant, et le Capitaine de la Compagnie des Ombres est vêtue d'un lourd manteau noir et argent surmonté d'une capuche chaude. Ses longues bottes de cuir, fermement lacées, remontent presque à la hauteur de sa jupe, sous laquelle elle porte d'épais collants noirs pour la préserver du froid. Elle rechigne à retourner dans le Mëtro, il y fait sombre, froid, humide. Elle y perd parfois sa vision de l'avenir, sa certitude que le monde se libérera bientôt des dictateurs...

Alors elle profite de ces quelques instants de calme et de sécurité, s'allume une cigarette, et observe les cieux à la recherche des étoiles et de la lune, cachées au-delà de la ceinture de débris. Elle aperçoit quelques timides lueurs, mais l'obscurité s'étend, et le firmament demeure voilé par les vestiges d'un cataclysme si vieux qu'aucune archive ne le décrit.

"Un jour", pense Nävis en faisant volteface pour retourner vers la bouche de Mëtro, "un jour nous retournerons dans l'espace, et nous dégagerons les cieux de cette pollution..."

Alors qu'elle saute avec aisance par dessus un mur de gravats placé là pour protéger l'entrée du Mëtro, elle entend au loin un brusque vacarme. Des cris, et des coups de feu, bientôt suivis de jurons.

Nävis se précipite et bondit en avant. L'épaisse couche de neige la ralentit mais quand elle arrive à la bouche de Mëtro, elle aperçoit des silhouettes s'enfoncer dans les ombres. Elle hume. L'odeur du sang qui fait fondre la neige à ses pieds couvre tout le reste. Il n'y plus personne dans le secteur. Les gardes se sont éclipsés, morts ou partis à la poursuite des assaillants. La cheffe des ombres rabats sa capuche sur ses épaules et s'accroupit.

Etant donné le flot de sang, quelqu'un est mort, ou salement amoché, mais pas de corps.

Le Capitaine avise la porte menant au Mëtro, deux mètres plus loin, vers laquelle mène une large trainée sanglante. La porte est entrouverte, mais nul ne la surveille.

Un revolver apparaît presque comme par magie dans la main de la jeune femme, qui active un petit dispositif sur sa ceinture et se déplace en silence jusqu'à l'entrée du Mëtro, les deux mains fermement ancrées sur la crosse de son arme. Parvenue devant la porte, elle jette un coup d'oeil dans l’entrebâillement du bâtant, canon vers l'avant. Ne décelant rien, elle puisse l'huis du bout du pied et s'avance dans les profondeurs du repère souterrain. L'odeur d'humidité et de moisi est forte, mais elle est supplantée par celle du sang, que Nävis peut suivre à la trace comme s'il s'agissait d'un repère visuel.

Dans un silence parfait, elle descend plusieurs degrés sans rencontrer âme qui vive. L'absence de gardiens, et même le silence ambiant, la laissent perplexe. Elle espère qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle invasion des quartiers souterrains car cela signifierait une nouvelle bataille sous terre, or Nävis s'y sent mal à l'aise, et elle goûte chaque instant passé à la surface comme une petite part de paradis. Ici il fait froid, et on ne sèche pas...

Un bruit.

Comme un halètement, quelques grognements de douleur, un écho, puis les chuchotements d'une conversation.

Nävis raffermit sa prise sur son arme et termine de descendre un dernier escalier avant de pénétrer dans une salle de garde vaguement éclairée d'une lumière verdâtre. Contre une borne de régénération, deux formes sombres discutaient tandis que l'une s'affairait autour de l'autre. Hormis ces deux êtres, il n'y avait personne dans la pièce.

S'il s'agissait d'ennemis, Nävis serait de taille à faire face à deux éclopés. L'arme pointée sur l'adversaire potentiel, elle désactive l'annulateur sonore dissimulé dans la boucle de sa ceinture de la main gauche et, alors qu'elle s'avance d'un pas ferme, le bruit de ses bottes claquant contre le dallage se répercute soudain dans la pièce.*


- Pas de geste brusque. Qui êtes-vous, et que faites-vous ici ?

*Lorsqu'elle reconnu le visage, bien que cireux et blafard, de Seconde Zone, et aperçu le sang sur les mains de la femme qui était penchée sur elle, le canon de son arme se dévia légèrement pour viser Solitude tandis que Nävis ajoutait dans un grognement.*

- Ecartez-vous.
Nävis [2] - Capitaine de la Compagnie des Ombres
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*

Solitude.

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Re : [RP à 6 Mains] Dans les bas fonds du Mëtro...
« Réponse #17 le: 21 janvier 2017 à 19:17:57 »
Toujours aux aguets malgré elle, Solitude n'eut aucun soupçon sur l'intrusion de la nouvelle venue avant un bruit de bottes, quelques secondes avant de leur lancer une première injonction. Ne connaissant pas la capitaine, ni de visage, ni de voix, elle se crispa instantanément, s'immobilisant, dos au mur, le bras de Seconde toujours autour d'elle. Elle osa lever les yeux vers celle qui les mettait en joue, actuellement.

La pénombre l'empêchait de distinguer clairement les détails de cette femme. La fatigue et la fièvre de ses efforts passés lui brouillaient la vue. Tout ce qu'elle voyait distinctement, était le canon de l'arme à feu dirigées contre elles deux, tout comme elle avait pu apercevoir sans doute possible la lame cachée dans la ceinture de la sous-lieutenant quand celle-ci l'avait fait apparaître fugacement, comme une sorte d'avertissement cordial de ne rien tenter. Cette nouvelle arrivante, elle, ne semblait pas vouloir prendre de risques et menaçait directement. Une cascade de cheveux oscillant entre le brun et le roux, à ce qu'elle pouvait discerner, un visage peut avenant, voire hostile, pour un esprit un brin paranoïaque tel que le sien. Toujours envisager le pire, une règle de base lorsque l'on souhaitait survivre. Une règle durement assimilée. Toutefois, son visage se modifia légèrement, l'espace d'un instant, quand il se posa sur la blessée. Puis reprenant un air résolu et sans faille, une seule chose changea dans son comportement. L'orientation de l'arme. Pointée directement sur elle, et non plus oscillant de l'une à l'autre. C'est à ce moment-ci que le cerveau de Solitude sortit des glaces de terreur dans lesquelles il était pris, pour entrer en éruption.

L'importune avait reconnue Seconde Zone. C'était une certitude, de par ses derniers gestes. Elle, demeurait encore une inconnue, à ses yeux. Mais la vue d'une arme dirigée à son encontre fit renaitre la panique, qu'elle avait déjà connue jadis. << Je vais mourir >> fut sa première pensée. A nouveau, l'idée de la fuite s'insinua en elle. Même si les chances étaient minces contre une arme de poing, ne valait-il mieux pas tenter que d'affronter un avenir incertain? Le défilement fou des idées stoppa un instant quand elle lança un regard en coin à Seconde. Elle aussi semblait reconnaitre "l'intruse", mais ne pas s'alarmer outre mesure. C'est du moins ce que subodora Solitude. Une décision devait être prise rapidement. La sous-lieutenant pourrait s'en sortir, maintenant. Est-ce que cela importait réellement qu'elle soit blessée voire tuée, à partir de maintenant?

[...]

Elle ôta le sac de toile, chose qu'on lui avait formellement interdite dans le protocole expérimental. Elle retint un hurlement d'effroi qui se mua en un simple gémissement de désespoir et d'impuissance. Elle connaissait ce visage. Et elle venait de le figer, à tout jamais, sans même en prendre conscience avant ce moment. Et derrière la vitre sans tain, elle devinait le monstre qui se gaussait devant l'indicible horreur de la situation. Il était là pour la pousser à bout. Elle ne devait pas céder... Elle ne devait pas...

[...]


- Ecartez-vous

Cela lui était personnellement adressé.
Prenant garde à ne pas laisser Seconde tomber, elle retira doucement le bras qui la soutenait vaguement de son dos.
Fuir ou rester?

Elle s'éloigna d'un pas. Puis deux. Un regard presque inexpressif, un visage qui voulait paraitre le plus neutre possible, malgré ses tripes en fusion et sa gorge triplement nouée. Elle tenta, d'une voix tout aussi neutre que son attitude.


" Je ne vous intéresserais pas. Elle, par contre, à besoin d'aide. "

Trop de nervosité et de manque d'assurance, dans la voix. Malgré cela, elle se retourna, gardant bien ses mains à distance de son corps, pour prouver une sorte de "bonne foi", bien qu'elle ne soit pas armée. Si cela pouvait jouer en sa faveur, ce serait toujours cela de pris. Si elle devait mourir, elle préférait ne pas voir cela, contrairement aux héros de romans, de légendes. Elle n'avait rien d'une héroïne. Elle avait choisi. Elle espérait juste échapper à nouveau à une exécution sommaire.
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Seconde Zone

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Re : [RP à 6 Mains] Dans les bas fonds du Mëtro...
« Réponse #18 le: 23 janvier 2017 à 14:06:19 »
Grâce à l’aide de Solitude, Seconde était parvenue à se mettre debout. Non pas qu’elle fût très à l’aise à l’idée de devoir se reposer sur un tiers, mais la situation le lui imposait. Par ailleurs, la morphine continuait d’embrumer son esprit de la désinhiber.

Elle se concentrait pleinement sur ses jambes tremblotantes, et profita de ce soutien physique pour réchauffer son corps affaiblis et froid.

Elle entendit une voix lointaine les interroger. Sur qui elles étaient. Elle n’en identifia pas tout de suite la provenance. Elle était comme hypnotisée par les ténèbres à l’intérieur du canon du revolver. Elle voulut s’avancer mais s’aperçu rapidement, que seule, c’était impossible.

Elle ferma brièvement les yeux et entendit plus clairement :

« Ecartez-vous ».

Elle les rouvrit brutalement. Merde. Elle reconnut enfin La Capitaine et sa chevelure flamboyante. Elle se sentit glisser doucement vers le sol. Solitude s’éloignait. Elle leva les yeux au ciel en signe d’agacement et d’impuissance. « Besoin d’aide ?! » Sûrement. Malgré les soins, elle avait connu mieux.

Attrapant sa fiole de whisky dans sa poche, elle en avala, une rasade, secoua la tête, et se releva péniblement – mais seule cette fois – en prenant appuis sur le mur. Elle claqua la langue et répondit :


« - Doucement, doucement Capitaine !  Ne vous méprenez pas. Cette jeune personne n’a fait que me porter assistance. Malgré mon état… Disons… Assez lamentable. C’est à elle que je dois les soins qui me permettent encore de tenir debout. »

Posant un regard bienveillant sur Solitude, et lui souriant, elle annonça d’une voix aussi claire qu’elle put :

«  Capitaine. Je vous présente… Solitude. Mon… Pour le moment… Médecin personnel, dirons-nous !

-   Elle semble posséder de bonnes compétences dans ce domaine… Et vous connaissez ma capacité à attirer les « faveurs » de l’ennemi… Elle pourrait sans doute nous être d’une grande utilité. »


Elle tendit ensuite sa flasque à Nävis, et lui dit toujours en souriant :

« Une petite gorgée Capitaine ?! Je crois savoir que vous aimez cela ! »
-= Seconde Zone =-

Toute ombre, après tout, est fille de la lumière et seul qui a éprouvé la clarté et les ténèbres, la guerre et la paix, la grandeur et la décadence a vraiment vécu. Laurent Seksik

*

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Re : [RP à 6 Mains] Dans les bas fonds du Mëtro...
« Réponse #19 le: 25 janvier 2017 à 16:36:49 »
*Au premier abord, le tableau paraît flou aux yeux de Nävis, qui est tentée de se fier à un instinct plutôt animal en appuyant sur la gâchette avant de poser des questions. Mais cela ne serait probablement pas avisé, aussi s'accorda-t-elle quelques nanosecondes de plus afin d'évaluer la situation, l'arme toujours pointée vers l'inconnue.

Quelques gestes mal assurés et un recul quasi immédiat confortèrent Nävis dans sa conclusion qu'il n'y avait là aucun danger pour elle, même si – alors même qu’elle relâchait sa vigilance - un éclair imperceptible dans le regard de Solitude lui fit froncer les sourcils.

Une larme de sueur coula dans son dos. Il demeurait là une Inquiétude sourde et froide, quelque chose de tapis et qui ne pourrait rester enfoui, aussi Nävis résolu de garder une part de son attention focalisée sur l'étrangère.

Le revolver disparu de sa main tendue et, trois enjambées plus tard, elle attrapait Seconde Zone par le bras pour la maintenir sur ses jambes instables et vérifiait sa température grâce aux capteurs des nanomachines situés dans le dos de sa main, qu’elle posa sur le front de la blessée.

Elle écouta les explications de Seconde Zone mais ne quitta pas Solitude des yeux pendant ce temps, répondant d’abord, en grommelant :*


«Ce n’est pas de la gnôle que vous devriez vous enfiler, mais une tasse de camomille…»


*Elle se pencha en avant pour jeter un œil à la suture et renifler la blessure. Elle grimaça, mais son ton s’adoucit lorsqu’elle ajouta.*

«Ne voulez-vous pas vous allonger un peu ?»

*Sans cesser de soutenir Seconde Zone, elle tourna le regard vers une Solitude qui ne semblait guère rassurée. Une telle méfiance à son égard ne lui était pas étrangère, elle avait déjà rencontré cette attitude chez des agents ennemis, et parfois sur le champ de bataille, comme si elle était un monstre à deux doigts de plonger le monde dans les ténèbres…

Elle était un monstre, en quelques façons, mais le regard que lui avait adressé Solitude la laissait songeuse. Vexée. Elle ne se souvenait pas de ce visage, ni de ce nom, mais les pseudonymes étaient courants au sein de la Compagnie des Ombres… Et c’est d’un ton froid qu’elle s’adressa à elle, même si son visage s’éclaira d’un sourire aimable et avenant.*


«Solitude dites-vous ? Voilà un nom pour le moins… singulier. Vous jugeriez-vous indigne de mon intérêt ? Allons, voyons, il semble que vous ayez pris soin de mon lieutenant, comment pourrais-je vous en remercier ?»

*Elle détourna brièvement le regard vers le visage livide de Seconde Zone. Il semblait qu’elle s’en sortirait, et probablement que les soins prodigués par Solitude l’avaient tirée d’affaire, mais elle se demanda néanmoins à quelle point sa subordonnée avait accordé sa confiance à cette femme inconnue au bataillon. «Médecin personnel», «semble posséder», «pourrait»… des expressions qui, aux yeux du Capitaine, attestaient du peu de connaissances que possédait Seconde Zone de la nouvelle venue.

Méfiance, mais pas trop. Une rébellion se bâti sur la confiance, se rappela Nävis, et sans tenir compte des antécédents de ses combattants. Fuyards, condamnés à mort, rebus de l’Humanité… Ce qui comptait serait leur présent et leur avenir en tant que libérateur du Monde.

Se rendant compte qu’elle fixait Solitude de ses yeux qui ne cillaient pas, elle détourna le regard pour observer Seconde Zone.*
Nävis [2] - Capitaine de la Compagnie des Ombres
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*

Solitude.

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Re : [RP à 6 Mains] Dans les bas fonds du Mëtro...
« Réponse #20 le: 26 janvier 2017 à 18:48:42 »
Capitaine. C'est le mot qui résonna dans l'esprit de la fugitive, quand Seconde le prononça. Elle mit quelques secondes à l'interpréter, à comprendre qui était la femme au revolver. Celle que toute l'Aube Rouge cherchait morte ou vive. La Capitaine Navis. Beaucoup d'histoires étaient racontées à son sujet. Des plus ridicules, selon lesquelles elle dévorerait le cœur de ses ennemis vaincus, jusqu'aux plus obscures et complotistes, qui insinuaient que Navis était un agent double de l'Aube Rouge, qui maintenait un contre-pouvoir et un état d'urgence permanent dans la capitale pour mieux permettre au régime de manœuvrer à sa guise. Les récents combats à Vincën venaient démentir ces élucubrations; le nombre de victimes, les pertes matérielles et l'acharnement des deux camps ne collaient pas avec cette théorie. Loin d'y avoir assisté, Solitude avait pu en constater les conséquences. Et c'est bel et bien ce qui l'effrayait, venant des soldats de tout bois: seuls combats et victoires importaient. Rien d'autre ne savait réellement dompter leur esprit belliqueux.

Malgré la méfiance mutuelle que se portaient Ida et Navis, la situation se détendit un brin, lorsque l'arme à feu disparut aussi rapidement qu'elle était apparue au poing du capitaine de la Compagnie des Ombres. Gardant cette femme inconnue au coin de l'œil, elle porta néanmoins la majorité de son attention vers Seconde. Cette dernière, bien que toujours dans un état délicat, donnait déjà dans la fanfaronnade - ce qui semblait être une constante chez elle -
Solitude resta muette un instant, lorsque la femme à la crinière rousse lui adressa la parole. Seconde Zone lui avait bien indiqué le caractère changeant et -elle l'avait compris comme ça- assurément dominateur de la capitaine. Il allait falloir jouer avec cela.


" Votre lieutenant m'a nommé Solitude. Pour les reproches, voyez avec elle "

Lentement, elle se tourna et se mit dans une posture un peu atypique. Pas tout à fait en face de Navis, pour avoir une espèce de "porte de sortie" en cas d'emprise d'un regard, mais pas tout à fait détournée non plus, pour avoir la possibilité de la jauger du regard, à son tour.

" L'issue aurait pu être plus dramatique. Vous vous en sortez bien, sous-lieutenant. "


Revenant à Navis

" Me remercier? "

Bien que son ton et son attitude n'en dénote rien, elle était au fond d'elle, offusquée d'une telle proposition

" Une vie est sauve. Voilà mon remerciement. "

Elle tournait doucement, d'un pas trainant, les mains toujours grandement écartées pour continuer de prouver sa bonne foi. Elle préférait conserver ce type de posture, afin d'éviter une réapparition du canon d'acier entre les mains de la terroriste.

" Mais peut-être pourriez-vous éduquer votre subalterne à éviter les coups? Cela m'assurerait un certain repos. "

Difficilement, elle s'agit en tailleur, à même le sol. Son manteau sale et trop grand pour elle s'ouvrit sur un pull à col roulé de montagne. Rien de très esthétique, mais ce n'était évidemment pas le but recherché. En tout cas, même s'il faisait des ravages, le froid n'était pas le principal ennemi du médecin d'un jour qu'elle était devenue. Elle regarda avec dépit le coin où elle se reposait avant que Seconde ne vienne l'interpeller. Un cadavre sanglant se trouvait non loin, l'odeur, actuellement ferreuse de par le sang encore frais deviendrait vite fétide, malgré la température. Tout n'était que question de temps. Elle lança alors

" Dormir par ici me sera difficile, désormais. Je recherche un refuge. Si vous savez où je pourrais en trouver un... je pourrais surement vous dépanner, en cas de blessures... ou de besoins technologiques. "

Sur cette dernière affirmation, elle prit sur elle de s'éloigner un peu pour aller regrouper ses affaires. La surface avait l'air plutôt calme, actuellement, peut-être ne fallait-il pas trop trainer avant que l'agitation ne reprenne le dessus.
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Seconde Zone

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Re : [RP à 6 Mains] Dans les bas fonds du Mëtro...
« Réponse #21 le: 03 février 2017 à 14:03:42 »
Seconde resta bouche bée face au comportement de Nävis. Etait-elle toujours en plein délire psychotique où la Capitaine venait-elle de successivement : lui prendre sa température - lui suggérer « une tasse de camomille » - renifler sa blessure et de lui proposer de s’allonger ?!

Elle marmonna :

-   Je vais devoir me renseigner sur les effets  cumulés du whisky et de la morphine moi…

Puis, ne pouvant retenir un rictus insolent, elle enchaîna plus distinctement :

-   Je vous remercie çà ira. Vous êtes sûre de ne pas vouloir vous-même exécuté ce conseil ?  Vous ne semblez pas… Tout à fait vous-même.

Décidément, la Capitaine se révélait toujours plus « surprenante ». Cette réflexion la conduisit à s’écarter de quelques pas de Nävis.  Malgré son état comateux, elle se souvenait encore d’avoir vue des bureaux voler dans sa direction. Elle ne tenait pas à être le prochain bureau. Surtout dans son état actuel de faiblesse.

Seconde faillit ensuite s’étrangler avec une nouvelle rasade de whisky lorsque – l’habituellement- « furie aux cheveux rouges », demanda à Solitude par quel biais la remercier pour avoir sauvé la vie de son lieutenant.

S’agissait-il bien de la femme qui donnait des ordres généralement ponctués de phrases du type : « Evidemment, il y aura des pertes humaines. On ne peut conduire une révolution sans conséquences » ? L’Aube Rouge l’aurait-elle capturée à l’insu de ses soldats pour lui faire subir un lavage de cerveaux ? Seconde délirait.

La quinte de toux qui suivit, lui fut néanmoins très douloureuse et la conduisit à  rassoir en tailleur ; contemplant incrédule cette scène toute droit sortie d’un scénario de science-fiction.

Elle nota le reproche frontal que venait à nouveau de lui adresser Solitude, et voulu lui lancer un regard noir. Dans les faits, cela ressembla plutôt au regard vitreux d’un poisson mort. En effet, la tête lui tournait à nouveau. Elle se donna une violente gifle pour reprendre ses esprits. Cela fonctionna.

Enfin, lorsque Solitude indiqua chercher un logement, Seconde poussa un long soupir de soulagement. Elle clama donc sans même attendre l’approbation de Nävis  :


-   Et bien voilà une excellente décision. C’est parfait ! Bienvenue parmi nous Solitude. Pour ce qui est de vous reposer, nous sommes en pleine révolution… Nous n’avons guère le temps voyons ! D’ailleurs…

Dans un grognement elle se releva à nouveau :

-   Si nous ne voulons pas moisir ici et perdre trop de temps dans nos prochaines actions, je vous suggère de quitter cet endroit nauséabond. Il y a bien trop de cadavres à mon goût. Et comme, je n’aurais visiblement pas à en faire partie cette fois… Nous n’avons plus rien à faire ici.
-= Seconde Zone =-

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