Break Dawn

Forum Rôle Play => Daily Planet => Discussion démarrée par: Cassandre Bonaparte le 05 janvier 2017 à 15:54:36

Titre: Violence dans les rues de Päris
Posté par: Cassandre Bonaparte le 05 janvier 2017 à 15:54:36
Poussière, gravats, flammes et fumée.

Le ciel est obscurcit par la suie et – au-delà – les nuages menaçants. Une pluie fine s’abat sur les ruines d’une rue dévastée par les combats entre les militaires de l’Aube Rouge et les rebelles de la Compagnie des ombres. L’eau brûle, elle est acide et polluée, elle ne rince pas, elle salit, elle est grasse. Des marres se forment dans les trous d’obus, le sang se dilue en flaques informes et baigne les cadavres d’un halo gluant rougissant.

Sueur, fracas, armes et ruées.


Au loin, deux combattants entrechoquent leurs armes tandis que le crépuscule s’étend sur la terre. Ils hurlent leur rage et leur douleur. Or de ce combat, le silence se fait progressivement, la luminosité ne permettant plus de grandes échauffourées. Les bruits de lutte s’assourdissent. Les opposants fatiguent.

Un cri, une plainte, s’élevant vers les cieux obscurs. Les étoiles sont rares dans le firmament, la ceinture de déchets dissimule leur clarté.

Une femme pleure. Elle appelle. Au secours. Maman. Maman…

Maman.

Peur, tracas, larmes salées

Une jeune femme s’est assise avec lassitude sur un bloc de gravas, reprenant son souffle. Elle pense à sa mère, furieuse si elle l’avait vue aussi sale et maigre. A son père, mort d’inquiétude depuis sa disparition. A sa sœur. Maudite soit-elle.

Elle a pris de nombreux coups, elle les porte sur elle. Sa robe est élimée, déchirée, couverte de sang, de boue et de suie. Elle est si sale que la crasse fait sur elle comme une armure. Deux sillons propres, sur ses joues. Des larmes d’argent qui ne cessent de couler.

Elle appelle.

Maman.

Maman.

Nul ne répond. Elle a peur. Chaque bruit, chaque ombre, la fait sursauter. Elle se roule en boule dans un coin, se prend la tête entre les mains. D’épuisement, elle s’endort, la gorge enrouée d’avoir appelé, d’avoir pleuré. Elle ne voit pas le cadavre étendu près d’elle. Elle s’est habituée à l’odeur de la mort, de la chair en décomposition, de l’urine et de la pourriture.

Cassandre dort à moins d’une dizaine de mètres de l’avant-poste de la Compagnie.

Au lever du jour, un homme s’approche, il ne voit que des morts. Il cherche l’adversaire. Fin limier, il ne fait aucun bruit, progresse en silence et hardiment, avant-garde de la mort.

Alors qu’il passe à côté de Cassandre et s’apprête à lancer son attaque contre les combattants de l’Aube Rouge, elle s’éveille dans un cri de panique désarticulé. Preste sur ses jambes, elle se défend contre un adversaire qui ne l’avait même pas remarquée. Son geste dévie légèrement Einhander de sa course. Elle panique, trébuche, tombe, se relève, crie à l’aide et se précipite.

Alertée, le Lieutenant Ömega sonne le branle-bas de combat.

Norbert, Jôd, Seconde Zone, OneEleven et les autres se dressent. Face à eux, Einhander, Enelas, Mickatouel et autres Rainjah Elentori sont parés à en découdre. La bataille est engagée, et Cassandre se réfugie derrière un sac de sable.

Quelqu’un lui tend une épée.

Les larmes coulent, mais son regard s’anime d’une nouvelle lueur. La haine s’empare d’elle.

Elle lève le poing, puis le majeur, en direction des troupes adverses.

Voyez la mort que vous semez, monstres assoiffés de sang ! Vous piétinez les libertés du peuple, n’avez-vous donc aucune pitié ?

Si les mots sont mal choisis, et les tournures maladroites, malgré son apparence de mendiante sale et mal en point, Cassandre déclame son texte comme une égérie convaincue de la révolution.

Vous ne tuerez jamais assez pour dissimuler vos pêchés, et seule la mort saura vous délivrer du Mal qui vous anime…

[HRP]Ce topic est fait pour échanger dans le cadre de la bagarre de Päris, n'hésitez pas à participer ![/HRP]
Titre: Re : Violence dans les rues de Päris
Posté par: Omega le 05 janvier 2017 à 16:57:32
Ömega fut alertée par le cri. Le petit groupe avait réussi à détourner l'assaut ennemi des nouvelles recrues,  mais au prix de sévères sacrifices. Cela faisait plusieurs jours qu'ils tenaient tant bien que mal face aux troupes d'élite de l'aube rouge et chaque jour ils étaient obligés d'abandonner du terrain sous l'avancée inexorable.

La jeune fille enfila un vieux manteau de cuir usé, saisit son épée et s’élança. Il faisait froid en cette période de l'année et elle appréciait, non sans une pointe de culpabilité, ces périodes d'activités avec leurs montées d'adrénaline qui lui permettaient d'oublier l'ambiance glaciale.
En quelques enjambées elle fut sur place. À son horreur, Einhander était sur le point de s'en prendre à cette pauvre jeune fille de bonne famille qui s'était retrouvée dans la résistance... Ömega avait déjà vu le "p'tit Génie" à l'œuvre et elle n'allait pas le laisser exercer ses talents sur une jeune fille sans défense.

Elle se jeta par-dessus un tas de gravats pour venir s'écraser sur Einhander. Celui-ci ne perdit pas l'équilibre et se mit tout de suite en garde face à la lieutenant de l'escadron noir qui venait de reprendre l'équilibre après une roulade dans la boue. Un premier coup d'estoc, par réflexe elle utilisa son arme encore au fourreau pour dévier l'assaut mais aussitôt le soldat de l'Aube changea sa prise et déchira la cuisse d'Ömega. Laissant échapper un cri étouffé, elle actionna la gâchette de son épée. Un bruit de détonation et le fourreau fut propulsé vers le visage d'Einhander qui esquiva d'une roulade. Lorsqu'il releva la tête, Ömega avait reculé de plusieurs pas, sa lame au clair, fumante et tachée de poudre.

Elle se tenait devant Cassandre. D'un coup de pied, elle fit glisser une épée qui se trouvait aux côtés d'un cadavre de plusieurs jours, à moitié dévoré par les charognards.


Prends ça et lève-toi si tu veux vivre.

Puis elle se tourna vers Einhander.

Et toi ! Viens donc me montrer ce que tu vaux face à de vrais combattants !

Elle raffermit sa prise, tira sur un levier et une douille fut expulsée du mécanisme qui lui tenait lieu de garde.
Titre: Re : Violence dans les rues de Päris
Posté par: Einhander. le 06 janvier 2017 à 18:53:56
Einhander avait abandonné tous sentiments dès l'instant où il avait pénétré sur le champ de bataille. Pour lui, il n'y avait en face que des terroristes, des monstres qui avaient rejetté l'humanité qu'avait apporté le Guide... Ce genre de personne n'avait aucun crédit à ses yeux. Alors qu'il se voulait l'incarnation de la clémence en gratifiant à une jeune femme hypersensible et perdue, un repos éternel, une personne vint interferer dans son geste empli de pitié. L'ennemi avait un nom, en plus d'être coriace: Omega. Dénomiation maladroite tiré tout droit d'une écriture ancienne qui n'avait pas survécu, une lange morte tout simplement, relique d'une civilisation dépassée et inadaptée au changement. Cette étrange figure dissidente l'invectiva, non pas qu'elle en eut le droit, mais Einhander pu comprendre que dans la hierarchie de ces barbares, cet ennemi y tenait une place d'importance.

Sans plus attendre, il saisit l'invitation, non pas pour satisfaire l'autre partie, mais pour porter préjudice à la chaine de commandement adverse.

Sa lame jaillit de son fourreau, faites en monofilament de carbone, elle était de toute beauté, racée et forgée avec une précision et une qualité extraordinaire, cette arme était le seul bijou dont il s'était jamais paré.
Après quelques pas rapides, son pied glissa sur la boue et sa première estoc vint choir lamentablement sur la garde haute de son adversaire. Einhander fit coulisser sa lame contre celle d'Omega et jetta son épaule vers l'avant pour venir la percuter de plein fouet tout en profitant de son élan. Mais cette dernière le vit venir et d'un pas leste et agile, elle se décala et la charge du "P'tit Génie" se retrouva soudain à fendre l'air.

Omega grimaça cependant, du sang s'écoulait d'une estafilade le long de son abdomen... Du regard, elle suivit la cicatrice qui la mena à l'arme d'Einhander, tendu vers l'arrière et tenu de sa main gauche au lieu de la droite. Alors qu'elle se demandait quand avait-il bien pu changer de main, son adversaire en profita pour porter une deusième attaque. La lame suivit une courbe ascendante avec une vivacité terrifiante, malgré une prompte réaction de la part de la jeune femme, le carbone monofilamentaire vint déchirer sa chair une fois de plus au niveau de sa joue droite.

Refusant de presser plus avant son avantage et voyant l'ennemi se replier et les siens s'approcher en grand nombre, Einhander resta là, figé, sans expression aucune, n'ayant décrocher la moindre parole... Le masque impassible du meilleur guerrier de l'Aube Rouge était une vision qui ne laissait pas indifferent...
     
Titre: Re : Violence dans les rues de Päris
Posté par: Norbert le 06 janvier 2017 à 23:09:52
Des jours...
Des nuits...
Des jours...
Des nuits...
Tenir la position... Tenir... Tenir...

Attaquer, défendre, rattaquer, défendre à nouveau... Reculer... un peu... encaisser... beaucoup... Les explosions... Les morts... les corps fumants... les corps... pourrissants... L'odeur... Les soldats qui vomissent, ceux qui tombent... qui fuient...

Mais rien... rien... rien... Absolument rien de tout cela n'affectait le jeune homme, le Norbert... Piaffant d'impatience... Tenir... Tenir... Tenir...

Et finalement, délivrance :

Ordre de foncer à travers les lignes adverses et de se replacer au sud de leur position.

Les yeux pourtant si mornes du Norbert s'allumèrent soudainement, la gigantesque stature se redressa, le visage s'illuma et le regard se posa, au loin, sur les lignes des armées de l'Aube Rouge. Un rictus étrange, grimace déformante se créa sur le visage du géant, d'aucun auraient parlé d'un sourire, d'autres n'auraient rien dit et seraient partis se cacher. Le rictus se brisa alors et la bouche s'ouvrit et un râle profond, gutural en sortit :

Ouuuuuuuuuuuuuuuuuuuaaaaaaaaaaaaaaaaaaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis, on fooooooooooooooonnnnnnnnnnnnnnceeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh!

Voyant le capitaine bouger, le Norbert s'élança à sa suite. La cible était ce jeune homme aux cheveux grisâtres quelque peu maniéré et si sur de lui qui s'était si souvent acharné en vain contre le géant. Avant qu'il put dégainer son épée, les bras du Norbert se déployèrent autour de son torse, un observateur peu avisé au loin, eut pu croire à un père enlaçant son fils et le soulevant de joie. Car oui, la joie semblait iradier du Golgoth.
L'homme se débattait, alors le Norbert serra, serra, serra, puis relacha un peu sa prise avant de rabattre à nouveau ses membres contre la poitrine d'Einhander, il se délacta bruyamment du bruit de la cage thoracique craquant mais resta frustré par le calme de la victime qui semblait subir stoïquement la torture imposée.

Enfin, le Norbert lâcha sa victime, agonisante, se retourna quelques instants pour hurler à la jeune fille au loin, qui devait le suivre :


Vas-y petiteeeeeeeeeeeeeuhhh, Fonceeeeeeeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuuuuuuh ! Il est pour toooooooooooooooooiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Et continuant à vociférer des cris inintelligibles, il partit rejoindre le capitaine Omega, sans autre regard pour la scène et l'homme qu'il laissait derrière lui...
Titre: Re : Violence dans les rues de Päris
Posté par: Cassandre Bonaparte le 11 janvier 2017 à 15:34:21
C'est un cauchemar... Ce n'est pas possible... Cela ne peut pas être...

Cassandre se prend la tête dans les mains, les yeux écarquillés. Elle contemple un cadavre ensanglanté pour la deuxième fois seulement en quelques jours. Elle ne comprend pas.

Son hurlement s'élève dans le crépuscule et elle tombe à genoux, prises de sanglots convulsifs. Ses doigts tremblants lâchent la garde de l'épée rouillée offerte par Omega, qui se brise en heurtant le sol bétonné. Quelqu'un la tire par le bras. Il faut partir. Elle n'a plus la force, ses compagnons doivent la tirer, tant bien que mal, pour la mettre en sécurité loin des lignes adverses.

Elle n'est guère plus qu'une marionnette sans volonté désormais.

Quelques jours plus tôt, elle trouvait enfin le courage de se dresser contre ceux qui lui voulaient du mal, quels qu'ils soient mais la révolte n'avait pas vraiment duré et elle était bien vite retombée dans son marasme d'angoisse et de malheur. Tant et si bien que ceux qui l'avaient recueillie avaient fini par la secouer et la forcer à se nourrir et à se soigner.

On lui avait confié un uniforme.
Trop grand.
Une épée.
Rouillée.
Un sac à dos.
Élimé.
Et un nécessaire de survie suranné.

Quand elle ne pleurait pas, Cassandre dormait. En proie à de terribles cauchemars qui la faisaient hurler dans son sommeil, elle réveillait ses compagnons à toute heure aussi ceux-ci résolurent de l'intégrer de force dans leurs activités pour lui changer les idées.

Le matin, Norbert l'épuisait sur des exercices physiques abrutissants. Il fallait soulever des poids, courir dans les gravats, frapper des sacs de sable... Le midi, Ömega lui enseignait les techniques de combat. Se fendre, frapper de taille, tirer à l’arme à feu, anticiper les réactions, comment tuer avec un stylo bille… Ensuite elle dévorait son repas du soir comme morte de faim, épuisée comme jamais elle ne l’avait été de toute sa vie. Puis Seconde Zone la trainait à l’écart et lui donnait ses leçons d’un air revêche. Entretien des armes, organisation militaire, tactiques de combat… Tout y passait, inlassablement. Une fois sur deux, Cassandre fondait en larmes, incapable de comprendre ou d’interpréter la moitié de la matière qui lui était inculquée…

Et pourtant, deux jours plus tôt, elle avait participé à son premier assaut. Dépourvue de toute volonté, elle avait suivi les ordres. Norbert avait ouvert la voie, suivi de près par Ömega. Tous deux s’étaient jetés avec violence sur Einhander, ce soldat si effrayant, tandis que Cassandre contemplait la scène, pantelante, lame pointée vers le sol.

Elle ne voulait pas. Ne pouvait pas.

Norbert l’encourageait d’un air joyeux, comme si piétiner la vie d’un homme ne comptait pas. Cassandre ne pouvait plus réfléchir. Cela comptait-il ? N’était-il pas la représentation du mal et de la douleur ?

Les paroles d’Ömega lui revinrent en tête. «Nous ne sommes pas là pour tuer sans pitié. Mais nous avons un but, s'ils s'opposent à nous alors nous en tuerons des milliers sans remord».

Elle n’avait pas le choix. Tel était désormais son rôle. Elle s’avança d’un pas hésitant.

Après tout, pourquoi eux ? Seconde Zone avait été abattue la veille. Était-elle le mal aux yeux des combattants de l’Aube Rouge ? Les compagnons d’Einhander ressentiraient-t-ils autant de peine que les combattants de l’Aube Rouge à la perte de l’un des leurs ?

Mais avant même qu’elle ne trouve une réponse, les réflexes entraînés par ses compagnons s’étaient déployés. Sa cible mourante ne lui offrait guère de résistance mais elle frappa de toutes ses forces aux points stratégiques qu’on lui avait enseignés.

Elle pleurait.

Les larmes roulaient et se mêlaient au sang de sa victime.

Je… je suis désolée… Je ne voulais pas…

Le monde tanguait, et elle passa la journée suivante le regard dans le vide.

Mais deux jours plus tard, le lieutenant la forçait à se remettre sur pieds. Malgré ses blessures et son état de choc, elle recommença.

Cassandre jette un dernier regard sur le corps sanglant de Bellamy. Ses coups avaient été plus précis, plus violents.

Elle vomit.

Elle est douée pour tuer. L’apprendre lui fait un choc terrible. Elle demande pardon, encore. Comme si ce n’était pas sa faute, comme s’il ne fallait pas lui en vouloir.

Elle s’en retourne et rejoint Norbert, Ömega, Milo et Jôd, les larmes creusant à nouveau des sillons dans la poussière de ses joues.


Pourquoi ? Pourquoi dois-je participer à ces massacres ?